Tu vas me manquer mon amour – épisode 10
Article écrit le | 23 septembre 2009 | Pas encore de commentaire
Tu vas me manquer mon amour. Vous avez susurré sur la poignée. Je ne suis qu’un bonbon. A sucer. Un écrin de corps. Pour votre repos. Guerrier. Avant l’officielle. Vie. Tout à fait épatante. La porte claque sur cette phrase vinaigre. Vous êtes un ogre migrateur venu lisser sa pelure. Dans mon nid d’ange. Pauvre pomme d’amour. Je fontaine. Comme à chaque. Puis. J’attends. Jolie poupée dans mon bocal de sirop. A vendre.
Anna Akhmatova
Article écrit le | 15 septembre 2009 | Pas encore de commentaire
J’arracherai ce jour de ta mémoire
Pour que ton regard, brumeux, désemparé,
Demande : où ai-je vu ce lilas de Perse,
Ces hirondelles, cette maison de bois ?
En m’entendant nommer, tu te rappelleras
La soudaine douleur des désirs indicibles,
Dans des villes pensives tu chercheras
Cette rue qui n’est sur aucun plan.
En voyant arriver une lettre inattendue,
En entendant derrière une porte une voix
Tu penseras : « C’est elle, elle-même,
Qui vient au secours de mon peu de foi. »
1915
Tu vas me manquer mon amour – épisode 9
Article écrit le | 4 septembre 2009 | Pas encore de commentaire
Je fais l’actrice. Devant ma glace. Dos au mur. Pieds de nez. Je cherche. Le ton, le regard, la position du corps, des mains. Tendues, agrippées, tremblantes. Pour vous vocaliser ma partition. Tu vas me manquer mon amour. Une simple phrase. En levé de rideau. Puis gros plan sur vous. Accablé. Beauté sur le vif. La victime. Oh que je vous aime. Ainsi. Pris à mon piège. Je vous quitte donc. Vous condamnant au beau rôle. Du très haut de mon piédestal. Ainsi vous m’avez aimé. Ainsi vous périrez. Poupon de caniveau.
Anticipation
Article écrit le | 31 août 2009 | 3 commentaires
Moi mon petit garçon je le gronderai jamais
Il aura le droit de faire des bêtises
Je l’emmènerai tous les jours à la piscine
Je serai jamais fâché contre lui
Il aura le droit d’écrire sur les murs
Tu vas me manquer mon amour – épisode 8
Article écrit le | 28 août 2009 | Pas encore de commentaire
Vous me le dites dans l’étreinte. Je le répète. C’est la première. C’est la dernière. Choisie par nous. Pour notre longue histoire. Charnellement minuscule. Jamais nous n’aurions pu. Je capitule contre une nuit. A mon corps défendant. Ecorchée offerte. Vous hébété de douleur. Je vous touche. Tatillonne. Vous de même. Parfait reflet. L’un. L’autre. Oiseaux singes. Nous sommes en fusion. Noyau d’atome. Pâte à modeler. On s’éclabousse. Se salive. On s’use. On se marque à jamais. Notre amour indélébile.
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