Les herbes folles
Article écrit le | 15 novembre 2009 | Pas encore de commentaire
Au cinéma se joue le dernier Resnais. Il est adapté d’un roman de Christian Gailly. Ca tombe bien j’adore Christian Gailly et j’aime les films de Resnais. [Gailly et Toussaint sont mes préférés. Mes Minuit de toujours. Mes vieux amants paginés.]
Je suis dans la salle. J’écoute du Gailly. Je vois du Resnais. Et je m’ennuie. Comme pas possible. Ca m’envahit. Je vois Dussolier. Ca va pour Georges. [Dussolier c’est le Dudu de ma Kiki.] Je vois Sabine Azéma. Ca va pas pour Marguerite. Ca va pas du tout. Elle est pas crédible Azéma dans le rôle d’une femme d’âge moyen. Azéma, elle a plus la moyenne. C’est une mauvaise élève. Mais pitié ne l’a faite plus redoubler M. Resnais. Il faut lui trouver des rôles pour son âge. De belles grands-mères coiffées façon peluche. Qui radotent, qui dorlotent. Qui portent des talons compensés et des tabliers pour faire la cuisine !!!
C’était une chouette idée de vouloir tout garder d’un livre. Ca change des adaptations au sabre. [Je m’étonne qu’un film comme Mademoiselle Chambon, si loin du livre souvent, garde comme titre le nom du livre et que Les herbes folles si proche du génial livre de Gailly L’incident ne l’ait pas gardé.] Pourtant il ne reste rien de l’écriture de Gailly. Elle est si particulière, si infime, si pointilleuse, si pétillante… Rien. Sinon l’impression d’un dialogue lourd, sans queue ni tête, improvisé. Gailly a l’obsession du détail. Il traque l’infiniment petit qui va tout faire déborder, qui va tout faire basculer. Gailly s’amuse de la confusion des êtres. C’est un anthropologue de l’intime. Malheureusement le rendez-vous est raté. Trop de gens regardent. La lecture des romans de Gailly ne souffre aucun intermédiaire. On est seul à seul. Lui, nous et la musique. Quand on lit du Gailly, on entend de la musique. Il écrit des partitions de mots. C’est beau.
Question : Si Resnais n’était pas l’immense cinéaste qu’il est sans conteste, croyez-vous que les journalistes et les canneux auraient été aussi indulgent envers son film ?
Mon conseil : LISEZ CHRISTIAN GAILLY !
David Dumortier
Article écrit le | 5 novembre 2009 | Pas encore de commentaire
Quand il pleut sur les tuiles et que l’horizon est comme un tablier gris sur le ventre de l’hiver, le visage d’une fermière traverse la cour avec son seau à la main. Elle est sortie de la grange et s’en va ruisselante vers les herbages froids et humides déshabiller les prés de quelques pissenlits avant qu’ils ne soient en fleurs comme un tissu de printemps qui raconte un peu trop à tout le monde son bonheur.
Une femme de ferme, Cheyne Editeur, 2003
Les bruissements de la langue
Article écrit le | 4 novembre 2009 | Pas encore de commentaire
Un truc de fous. Un projet épatant. Lire du théâtre contemporain non encore édité. Aimer ou détester. Donner son avis. Partager avec d’autres des idées, du cidre et des gâteaux faits mains. Passer des samedis après-midi chaleureux à débattre, se sourire, se rencontrer. Choisir un texte. Avoir envie de le dire devant les autres. Devant des inconnus. Dans un théâtre pour de vrai. Trac assuré pour le plaisir des mots articulés, criés avec naturel. Seul ou en choeur.
Ce projet c’est l’initiative d’une compagnie de théâtre Théâtre Suivant et du Réseau des Médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines. Ils sont trois comédiens a animer les comités de lecture. Marc le cerveau. Bruyant, volcanique. Matthieu l’énergie. Drôle, vif. Philippe le regard. Attentif, bienveillant. Il y a Thibault, la tête et les jambes. Indispensable, omniprésent. Et nous les petites mains. Petites voix. Le groupe des anonymes. Le groupe des ensembles. Une vraie envie d’être, de se retrouver, de se réchauffer aux uns des autres.
C’est la deuxième année. La première était si réussie !!! C’était l’automne, l’hiver puis le printemps.
Les saisons reviennent. Je nous donne rendre-vous.
Ouvrons des consoloirs
Article écrit le | 18 octobre 2009 | Pas encore de commentaire
La tendresse des fous dernier de Da Silva.
C’est si beau. Un peu triste, grave. C’est d’accord. Mais il y a de l’apaisement, de la compassion. L’envie, après la tempête, de se parler aux autres. On est bien chez Da Silva. On porte ses vieux habits préférés. Pas questions de tricherie sociale. On est soi et pour une fois si tranquille.
Cet album m’a donné envie d’ouvrir des consoloirs. Ce serait des endroits chauds, douillets. On y trouverait des grands fauteuils confortables. De quoi se faire un thé, un café, un chocolat… On pourrait y écouter du Da Silva, du Damien Saez (Varsovie/L’Alhambra/Paris), du Sheller, du Daphné, du Claire Diterzi, du Bach… On pourrait y lire de la poésie, Esteban, Neruda, Isabelle Pinçon, Albane Gellé, Aragon, Hikmet… On pourrait s’y rencontrer. Se prendre dans les bras. Discuter ou non mais se reposer, se consoler de nos vie, sûrement.
Une amie, Marie, m’a envoyé un SMS après avoir écouté La tendresse des fous : » Adore le Da Silva ça donne envie d’embrasser la bouche de quelqu’un ». Marie il y a une place pour toi dans mon consoloir. A vie.
A écouter aussi de Da Silva les albums contes qu’il a fait pour la jeunesse :
Le mystère des couleurs, Toto ou Tartare, 2007
Le peuple des dunes, Toto ou Tartare, 2007
Billie et les rois de la nuit, Toto ou Tartare, 2009
difficile d’avoir 4 ans et demi
Article écrit le | 15 octobre 2009 | 1 commentaire

« je suis un enfant particulier aux autres. Et c’est pas facile de vivre parce qu’un jour je vais mourir »
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