claude esteban, 20
Retirez-moi ce miroir, il ment, je veux voir la vie sur ses lèvres non pas la sienne, elle est trop loin, que sa vie vienne de moi, du sang que je n’ai plus de ces mots que je cherche, qui m’échappent. in Morceaux de ciel, presque rien, Gallimard 2001
du moi de l’inventaire
la vie est un ramassis de bricoles boutons, fourchettes, babioles je mange ma vie par tous les bouts de rien, d’amer, de mou je suce tous les rateliers anomalie miniature je tremble pour exister petite nature
Le début, 2
odeur de tilleuls place Venceslas quelque part dans la ville dorée un jeune homme au visage douceur prend le bus pour l’usine où il construit des avions dans lesquels il ne volera jamais ses yeux verts clairs sont assombris ses fins cheveux sont pales ses mains de porcelaine sont brisées brisées par le travail le […]
Claude esteban, 19
C’était le temps des choses toutes petites, on avait tous les droits, juste pour rire ou pour rien, on pouvait prendre le soleil à pleines mains ou dormir sans remord dans le repli d’une chenille. in Quelqu’un commence à parler dans une chambre, Flammarion 1995
Le début, 1
Lenka se trouvait une nouvelle fois assise sur un des bancs de Saint-Nicolas c’était l’hiver dans la pénombre de la chapelle Lenka priait Lenka avait des cheveux noirs et courts un visage anguleux et fier Elle parlait peu Elle souriait peu Elle habitait une petite chambre au centre de Prague de sa fenêtre elle voyait […]
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